Collaboration Alain Brebion, Assure Finance (Blog sur les finances)

Quel que soit l’outil, la stratégie ou les produits utilisés, à la base constituer un fonds de retraite solide et ayant des chances de vous survivre nécessite une discipline d’épargne.

C’est l’opération toute simple qui consiste à retirer de votre revenu une partie que vous ne consommerez pas ou qui ne sera pas consacrée à des projets spécifiques comme épargner pour un voyage, pour les études des enfants ou pour acheter un bien immobilier.

Ensuite intervient votre contexte professionnel qui offre soit un fonds de pension à prestations déterminées (de plus en plus rare), soit à cotisations déterminées (en danger d’équilibre), soit un REER collectif, ou un RVER. Dans ce cas vous avez toujours intérêt à contribuer au mieux dans ces régimes tant qu’ils existent et que vous êtes admissibles (changement d’emploi). Cela ne vous empêche pas par ailleurs de compléter par un REER ou un CELI personnel.

Si vous ne bénéficiez pas de l’un de ces dispositifs alors vous devez le plus tôt possible (commencer à 50 ans c’est un peu tard) contribuer à un REER , ou un CELI qui peut aussi jouer ce rôle. Si vous êtes travailleur autonome ou propriétaire d’entreprise, vous aurez à vous poser cette question même si vous comptez sur votre capital pour alimenter un revenu de retraite futur.

Le REER a été créé en partant du raisonnement suivant. Inciter les travailleurs au moment où leurs revenus et donc leur taux d’imposition sont censés être les plus élevés à contribuer en déduisant de leurs impôts les contributions. Ainsi le pari était que au moment du décaissement leur taux d’imposition serait plus faible et que ce report d’impôt (et non cadeau fiscal) leur serait favorable d’autant que les gains accumulés ne subiraient aucun imposition en cours de constitution.

La réalité et les mutations profondes du monde du travail ont parfois bouleversé ce système logique mais un peu trop standard. Ainsi certains retraités ont été bien surpris de se voir imposer fortement et perdre des avantages sociaux.

Reste que malgré tout personne ne peut se reposer sur la prestation de la régie des rentes du Québec ni des prestations fédérales (SV, SRG…) pour vivre confortablement sa retraite.

CELI ou REER ?

Lancé en 2009 par le gouvernement fédéral le Compte Épargne Libre d’Impôt a remporté un grand succès populaire pour plusieurs raisons.

Tout comme son grand frère le REER, il permet d’accumuler à l’abri de l’impôt des sommes investies dans des supports très variés. (actions, obligations, parts de fonds mutuels, CPG…).

Bien sur les montants sont plafonnés aussi  mais il y a des différences  de fonctionnement avec son ancêtre le REER.

Les montants versés dans le CELI ne donnent pas lieu à des déductions d’impôts et il n’y a pas d’imposition des retraits.

Il n’existe pas de date limite pour retirer du CELI alors que le REER doit être converti en FERR au plus tard à 71 ans.

Ce qui peut être une bonne stratégie pour de nouveaux épargnants n’ayant pas un taux d’imposition très élevé, c’est d’ouvrir un CELI dans lequel on versera des sommes pouvant servir à la fois d’épargne de précaution  et également à être transférées dans un REER consacré lui exclusivement à préparer la retraite.

On ne risque pas ainsi de faire des retraits du REER où l’impôt revient prendre son dû. Cela permet aussi d’optimiser le versement dans le REER quand le taux d’impôt sera plus élevé ainsi que les revenus.

Mais on peut aussi considérer le CELI comme outil unique pour constituer son fonds de pension si on est capable de ne pas céder à la tentation. En y plaçant des titres à revenus élevés, l’opération peut être très favorable.

En conclusion avec ces différents outils , votre stratégie sera payante si vous vous faites aider par un conseiller capable de faire avec vous un véritable plan de retraite.